mercredi 19 août 2009

Héros absolu


Tu pars et je ne suis plus rien. Tu t'envoles et je ne suis plus. Ton silence me ronge. Ton absence m'engloutit sous un déluge nauséeux. Tout commence par une fissure imperceptible, à la hauteur de mon estomac, fissure qui s'étend, s'étire, s'élargit, me déchire et me détruit. Comme un trou noir parti du dessus de mon nombril. Un vide sidéral qui se substitue à mes sucs gastriques, du diamètre d'une tête d'épingle d'abord.

Puis qui s'étend, s'étire, me déchire et me détruit.

Le mal s'installe, m'habite et prend ses aises. Furieusement, il m'aspire de l'intérieur. Commence par les fluides, s'attaque aux organes, brûle les tissus, déchicte les muqueuses et brise les os en une pluie d'éclats blancs. Tout y passe. Un entonnoir, un siphon, un typhon.

Mes cellules, mon âme, mes neurones, mon bon sens, plus rien n'y résiste.

Tu es une tornade qui me balaie sur ton passage. Je ne suis plus que poussière, accrochée au sens de ton vent. Mais par dessus tout, j'ai un trou au niveau du ventre, de la taille du tunnel sous le Mont Blanc. Et ce trou s'élargit à chaque nouvelle minute qui s'écoule en ton silence.

Puis s'étend, s'étire, me déchire et me détruit.

Reviens-moi.
Je t'en prie.
Reviens-moi

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